Première approche: Les individus sont souvent exclus par les systèmes civilisationnels de la société.
Deuxième approche : Les individus sont malheureux à cause de leur exclusion des systèmes civilisationnels de la société
Troisième approche : Yicheng Commonweal s’efforce d’identifier et de briser les barrières civilisationnelles, afin de permettre à chacun de profiter des fruits de la civilisation et du progrès sociétal.

Le système civilisationnel de la société moderne régit la gestion, l’ordre et la croissance. Outre les systèmes et la technologie, il englobe les valeurs culturelles, les normes sociales et les structures de pouvoir, qui influent sur la survie, le bien-être et l’intégration des individus dans la société.
En conséquence, ce qui semble être des systèmes efficaces et hautement avancés exclut souvent de nombreuses personnes, les marginalisant dans une société qui prône l’équité. Une telle exclusion constitue une violation des droits individuels et remet en question le sens même de la civilisation.
Le paradoxe des systèmes civilisationnels
L’évolution de la civilisation est souvent accompagnée d’une marginalisation de certains groupes, en particulier dans une société moderne très organisée et technologisée . Cela conduit à une existence « silencieuse » au sein de ces systèmes civilisationnels.
1. L’exclusivité des règles et des normes
Au cœur des systèmes civilisationnels existent un ensemble de règles et de normes. Cependant, l’application généralisée de ces règles néglige souvent les différences inhérentes entre les membres de la société.
Le système éducatif en est un bon exemple. Les systèmes éducatifs fonctionnent généralement sur la base d’un processus homogène de sélection de talents, afin de garantir l’égalité des chances dans la vie professionnelle. Toutefois, dans la pratique, ce système favorise les familles disposant d’un capital culturel et de ressources éducatives, excluant ainsi les groupes défavorisés qui ne disposent pas de ces ressources.
Pour ceux issus de milieux pauvres ou marginalisés, la rareté des ressources éducatives rend difficile leur capacité à rivalisé avec le reste de la société. Ce fossé commence souvent dès la petite enfance, car ils n’ont pas accès à des expériences culturelles de qualité et peinent à acquérir la même éducation et les mêmes compétences que leurs homologues plus aisés.
2. L’indifférence au progrès technologique
Bien que la technologie ait favorisé l’évolution rapide des systèmes civilisationnels, elle a également approfondi le sentiment d’aliénation entre les individus et les systèmes qui les régissent. Par exemple, la généralisation des services publics numériques a accru la productivité, sans toutefois prendre en compte les personnes incapables d’accéder ou de s’adapter aux nouvelles technologies, en particulier les personnes âgées et les groupes économiquement défavorisés. Cette « indifférence » à la technologie les a mis encore plus en marge de la société, créant un fossé appelé « exclusion technologique »..
3. La dominance culturelle et sa hégémonie cachée
Les systèmes civilisationnels sont souvent guidés par les valeurs de la culture dominante, qui tendent à supprimer les différences de points de vue. À l’ère de la mondialisation, de nombreux systèmes culturels et sociaux s’efforcent d’intégrer efficacement les différentes valeurs et expressions culturelles. Les immigrés, les minorités ethniques et les personnes de sexe et d’orientation sexuelle différents sont souvent marginalisés en raison de leurs origines culturelles, de leurs modes de vie et de leurs croyances.
Cette exclusion va au-delà des lois et des politiques et se manifeste dans la vie quotidienne par des préjugés sociaux et un rejet des autres cultures. Alors que la société moderne prône l’inclusion et la diversité, les normes et valeurs culturelles dominantes imposent souvent des restrictions aux minorités. Cela crée des obstacles à leur pleine intégration dans la société et les désavantage lorsqu’il s’agit d’accéder aux ressources culturelles et économiques.
Les conséquences de cette exclusion en approfondie
1. Les défis psychologiques des minorités
Les groupes exclus éprouvent souvent un sentiment d’impuissance et d’isolement. Cette exclusion ne se traduit pas seulement par un manque de ressources matérielles et d’opportunités, mais elle affecte aussi profondément la psychologie et l`identité de l`individu. Les personnes qui demeurent au bas de l’échelle sociale pendant de longues périodes n’ont souvent pas accès à une éducation de qualité, à des activités culturelles ou à des cercles sociaux. Cette absence de capital culturel et d’expérience sociale creuse le fossé qui les sépare de la majorité de la société, érodant progressivement leur confiance et leur sentiment d’appartenance à l’ensemble de la communauté.
Par exemple, les travailleurs aux revenus modestes confrontés à un chômage prolongé se sentent souvent dépassés par la complexité des procédures de demande d’aide sociale. Ce sentiment de frustration peut les conduire à se renfermer complètement sur eux-mêmes, ce qui renforce davantage leur marginalisation. À la longue, cette forme d’exclusion peut entraîner de graves problèmes psychologiques, tels que le manque de confiance en soi, la dépression et l’anxiété, créant ainsi un cercle vicieux qui exacerbe l’isolement.
2. Les facteurs déclencheurs de l’instabilité sociale
L’exclusion ne nuit pas seulement aux individus, elle peut également constituer une menace pour la stabilité sociale. Les groupes exclus par le système forment souvent des sous-cultures. Bien que ces groupes puissent paraître marginaux en apparence, ils représentent des problématiques et des paradoxes plus profonds au sein de la structure sociale.
Par exemple, les communautés défavorisées des zones urbaines peuvent devenir le foyer des gangs, dont les membres peuvent avoir recours à des activités illégales pour affirmer leur présence sociale. Lorsque cette forme de contestation se manifeste, elle peut déboucher sur des conflits sociaux de plus grande ampleur. La montée du populisme en est un bon exemple : le mécontentement des plus démunis est souvent exploité par les acteurs politiques, ce qui aboutit à une rébellion contre la classe « dominante ».
3. La dislocation interne et le déclin des systèmes de civilisation
Lorsqu’une portion de la population est exclue du système civilisationnel, cette exclusion elle-même intensifie le gaspillage des ressources et réduit l’efficacité du système. Les groupes incapables de participer pleinement aux activités sociales et économiques ne peuvent apporter à la société la main-d’œuvre et la créativité dont ils sont dotés, et deviennent en fin de compte un fardeau.
Par exemple, un nombre important d’enfants non scolarisés représente une baisse de la main-d’œuvre future, et les failles du système de sécurité sociale peuvent entraîner des coûts de gestion plus élevés.. Cela nuit non seulement au développement global de la civilisation, mais affaiblit également la cohésion sociale.
Approche éthique sur l’exclusion civilisationnelle
En apparence, l’exclusion semble découler de déséquilibres dans la distribution des ressources et des droits. Cependant, à bien y regarder, elle dévoile le déséquilibre éthique et la confusion des valeurs inhérents à l’évolution de la civilisation.
1. Les failles des systèmes régis par le souci d’efficacité
Les systèmes de civilisation modernes privilégient l’efficacité comme objectif central. Cette priorité a indéniablement stimulé le progrès social, améliorant la productivité et optimisant l’utilisation des ressources. Cependant, une approche centrée sur l’efficacité néglige souvent la diversité et les besoins uniques des individus. Lorsque les systèmes fonctionnent par des mécanismes standardisés et centralisés, ils risquent de marginaliser ceux qui ne se conforment pas aux normes « dominantes » ou qui manquent d’autonomisation suffisante.
Par exemple, le développement urbain donne souvent la priorité aux grands centres commerciaux et aux projets économiques tout en négligeant les besoins fondamentaux des populations locales. Bien que la recherche de l’efficacité ait ses mérites, si elle n’est pas contrôlée, elle peut sacrifier les droits individuels et déstabiliser l’équilibre d’un développement sociétal dans son ensemble..
2. L’épée à double tranchant de la rationalité instrumentale
Les systèmes civilisationnels modernes dépendent inévitablement de la rationalité instrumentale, qui considère les individus comme des entités mesurables, analysable et contrôlables. Si cette approche a permis d’améliorer l’organisation et l’efficacité des systèmes sociaux, elle risque de simplifier à l’extrême la complexité de la nature humaine et d’ignorer les besoins spirituels et émotionnels des individus.
Le marché du travail traite les ressources humaines comme des unités de production afin de maximiser l’efficacité, mais néglige souvent la dignité et le bien-être des travailleurs. La domination de la rationalité instrumentale a conduit les systèmes à devenir froids et mécanisés dans leur recherche de l’efficacité.
3. Négligence structurelle de « l’Autre »
Comme l’a dit le philosophe Emmanuel Levinas, l’existence de l’ » Autre » constitue le point de départ de la moralité. Cependant, en raison du développement rapide de la civilisation, les préjugés marginalisent souvent les voix qui ne font pas partie de la majorité. Les immigrés et les groupes minoritaires, par exemple, sont souvent négligés, leurs droits et leur qualité de vie différant nettement de ceux de la majorité, et le système ne dispose pas de mécanismes efficaces pour assurer l’inclusion et l’équilibre.
Cette négligence n’est pas intentionnelle mais découle de l’incapacité du système à prendre en compte les points de vue des minorités dans sa quête d’efficacité et de standardisation. En conséquence, ces « autres » sont marginalisés, parfois délibérément ignorés, ce qui aggrave l’inégalité sociale et érode les diverses valeurs du système civilisationnel.

Moyens de résoudre le problème
1. Redéfinir les systèmes centrés sur l’humain
La conception des systèmes civilisationnels devrait évoluer en passant de la priorité accordée à la « majorité » à celle accordé à « tous », en mettant l’accent sur les besoins des groupes vulnérables. En intégrant la croissance individuelle dans les décisions sociales, nous pourrions mieux soutenir le bien-être des citoyens, réduire les tensions sociales et favoriser un développement durable.
Par exemple, le gouvernement pourrait introduire des évaluations éducatives diversifiées pour offrir des parcours adaptés aux élèves issus de différents milieux sociaux, et le système de santé devrait renforcer les actions de sensibilisation des communautés afin de répondre aux préoccupations sanitaires des populations marginalisées.
2. Réformes structurelles pour une inclusivité systémique
Pour lutter contre l’exclusion, il est essentiel de mettre en œuvre des réformes globales et structurelles, en particulier dans les domaines de la protection juridique et au niveau de l’accessibilité en tout point des services publics. Les réformes doivent garantir que les droits fondamentaux de tous les groupes, en particulier les groupes marginalisés, soient protégés par la loi. En outre, les procédures des services publics devraient être optimisées afin de garantir que chacun, en particulier les populations vulnérables, puisse accéder de manière égale aux ressources de la société.
3. Identité culturelle et dialogue social
Le démantèlement de l’hégémonie culturelle repose sur la reconnaissance de la diversité et la création de plateformes de dialogue entre les cultures dominantes et les cultures minoritaires. Par exemple, la promotion de l’éducation multiculturelle et la diffusion des valeurs d’inclusion et de compréhension par le biais des médias et des initiatives communautaires.
Le Canada, par exemple, a adopté une politique qui intègre l’éducation multiculturelle à tous les niveaux de l’enseignement, en veillant à ce que les élèves soient exposés à des contextes, des enseignements et des histoires culturels divers. Cette politique permet non seulement d’accroître l’acceptation sociale des groupes minoritaires, mais aussi de réduire les tensions culturelles qui conduisent souvent à l’exclusion sociale et à la discorde.
En outre, il est essentiel d’écouter les voix des communautés marginalisées. Leurs expériences et leurs besoins devraient être considérés comme un élément essentiel du progrès social et culturel, nous conduisant vers une société plus inclusive et plus cohésive.
Reconstruction du consensus social
L’exclusion liée aux systèmes civilisationnels reflète non seulement les failles institutionnelles, mais aussi la rupture du consensus social. Par conséquent, pour résoudre ce problème, il faut reconstruire un consensus social fondé sur le soutien mutuel et la coexistence.
1. Une définition multidimensionnelle du progrès civil
Les définitions traditionnelles du progrès civil sont souvent liées à la croissance économique et au progrès technologique, mais ces mesures ne tiennent pas compte des besoins de tous les membres de la société. Le progrès civil devrait être redéfini en tant qu’avancées qui respectent et prennent en compte les différences individuelles, et non simplement une mesure de l’avancement matériel ou de l’exportation culturelle. Ainsi, la présence de groupes marginalisés n’est plus considérée comme une anomalie, mais comme une composante intégrale et enrichissante de la civilisation en général.
2. Ajuster la structure sociale pour avoir un équilibre
L’inclusivité des systèmes civilisationnels ne peut être réalisée qu’en ajustant la structure sociale. À l’heure actuelle, la distribution des ressources sociales est fortement orientée vers une petite élite et les centres de pouvoir, tandis que le plus large public et les groupes marginalisés sont systématiquement négligés. Pour remédier à cette situation, des politiques telles que l’imposition progressive et les programmes de revenu de base universel devraient être introduites afin de garantir aux groupes vulnérables la possibilité de bénéficier des progrès de la civilisation.
3. Changer les valeurs sociétales
La lutte contre l’exclusion dans la civilisation exige une transformation profonde des valeurs sociétales. Les institutions éducatives et culturelles doivent amener le public à prendre conscience et à respecter le droit à l’existence et à la dignité de chacun, quels que soient son identité, ses origines ou ses capacités.
Par exemple, les projets de collaboration entre communautés, les programmes de protection sociale et les échanges interculturels peuvent être utilisés pour favoriser une meilleure compréhension et une plus grande confiance entre les différents groupes sociaux, réduisant ainsi les divisions et l’opposition au sein de la société.
De l’Exclusion à la Symbiose : Une perspective pour l’Avenir de la Civilisation
S’attaquer aux facteurs d’exclusion propres aux systèmes civilisationnel est un défi complexe qui nécessite un changement fondamental dans la société en passant de la prise de conscience à l’action. La civilisation de demain devrait être un système symbiotique, où chaque individu est considéré comme une partie essentielle de l’ensemble.
1. Construire un Système Ouvert
Le système civilisationnel de demain doit être ouvert, capable d’absorber activement des voix diverses et s’adapter rapidement aux besoins variés de la société. Dans ce processus, davantage d’organisations sociales et d’individus devraient être impliqués dans la prise de décision sur les affaires publiques, afin de garantir que la conception et le fonctionnement du système prennent en compte les intérêts d’un éventail plus large de groupes et génèrent un plus grand bien-être social. Les politiques publiques ne doivent pas reposer uniquement sur l’avis d’experts et des bureaucrates, mais doivent chercher activement à obtenir les avis de tous les couches sociales, en particulier ceux des groupes marginalisés.
2. Les Dimensions Spirituelles de la Civilisation
Une société réellement civilisée n’est pas uniquement prospère sur le plan matériel, elle est également épanouie sur le plan spirituel. La civilisation de demain devrait se concentrer davantage sur les besoins fondamentaux des individus, tels que la sécurité, l’appartenance et l’épanouissement personnel, en intégrant des principes centrés sur l’homme dans la conception des systèmes.
En encourageant la participation sociale et l’expression individuelle, ainsi qu’en offrant des possibilités d’interaction, chacun se sentira utile et reconnu. Les groupes sociaux doivent promouvoir les activités culturelles publiques et les projets de bénévolat, afin que chacun bénéficie du bien-être social et contribue au développement de la communauté et de la civilisation.
3. Réconciliation de la Civilisation et la Nature
Les tendances à l’exclusion propres à la civilisation ne sont pas seulement sociales, elles sont aussi environnementales. Au fur et à mesure que la civilisation moderne progresse, elle néglige souvent les dommages causés aux écosystèmes et la surexploitation des ressources naturelles. Si les civilisations futures ne s’attaquent pas à ces problèmes, elles risquent de compromettre le bien-être de l’ensemble de l’humanité. C’est pourquoi la durabilité écologique devrait être au centre des préoccupations des civilisations futures, en promouvant l’équilibre et l’harmonie entre le développement humain et le monde naturel.
Conclusion
L’exclusion présente dans nos systèmes civilisationnels met en évidence un problème fondamental : bien que la civilisation soit censée répondre aux besoins de tous, elle échoue souvent à le faire dans la pratique. Pour y remédier, nous devons relever le défi avec plus de courage et de sagesse, en repensant la civilisation de manière à créer un foyer authentique et inclusif pour tous. Le véritable objectif de la civilisation n’est pas d’appliquer des règles parfaites, mais d’accepter et de nourrir des vies imparfaites. Lorsque chaque individu pourra jouir de sa dignité et de son appartenance à la société, alors seulement là nous pourrons prétendre avoir atteint un monde civilisé.