Avec le développement de la démocratie, l’éventail des choix de carrière pour les citoyens s’étendra au-delà des frontières nationales, organisationnelles et régionales. Ce phénomène transformera progressivement l’identité nationale traditionnelle en une conception plus large, plus profonde et plus démocratique de la citoyenneté sociale. Portés par une éducation civique généralisée, les individus formeront diverses sortes d’unités sociales qui donneront naissance à un nouveau modèle de société : le modèle du citoyen social.
Introduction
La citoyenneté sociale dans une société capitaliste est un modèle qui redéfinit la structure de l’engagement civique, en passant du paradigme traditionnel « gouvernement-individu » à un modèle centré sur les organismes sociales.
Dans ce système, les individus participent à la vie sociale et politique par l’intermédiaire de ces groupes, qui sont les unités de base de la société. Ils servent de plateformes primaires pour influencer le développement de la société.
Contrairement à la citoyenneté conventionnelle qui se concentre sur le choix d’un bon gouvernement pour résoudre les problèmes, les citoyens sociaux sont dotés d’une plus grande capacité d’action dans la formation et l’interconnexion des groupes sociaux. Ils façonnent activement l’avenir de leurs communautés et de leurs économies par le biais d’une association organisée.
Qu’est-ce qu’un citoyen social ?
Un citoyen social est un citoyen qui comprend profondément comment les multiples systèmes de la société ont un impact sur son bien-être personnel et qui prend des mesures pour améliorer la société. Contrairement à de nombreux citoyens d’aujourd’hui, qui s’accrochent principalement à leurs intérêts personnels et à leurs droits individuels, les citoyens sociaux reconnaissent le lien intrinsèque entre le bonheur personnel et le bien-être collectif. Cette conscience les conduit à s’engager dans la résolution de problèmes sociaux, en s’efforçant de créer une société où la réussite individuelle s’aligne sur la prospérité collective.
Dans ce modèle civique actualisé, les citoyens n’agissent pas comme des individus isolés qui négocient avec un gouvernement lointain. Au contraire, ils travaillent au sein des organismes sociaux pour résoudre leurs problèmes de manière proactive et créer des changements significatifs.
Les organismes sociaux : Le fondement de la citoyenneté sociale
Les organismes sociaux, principaux vecteurs de l’action sociale, se trouvent au cœur de la citoyenneté sociale dans une société capitaliste. Ils ont pour mission de relever les défis sociétaux et de promouvoir l’engagement civique.
Les organismes sociales ne se limitent pas aux institutions gouvernementales traditionnelles. Elles englobent une large diversité d’entités collectives, y compris, mais sans s’y limiter, les organisations suivantes :
- Les familles : L’unité sociale la plus fondamentale, les familles jouent un rôle crucial en inculquant des valeurs civiques et en encourageant la responsabilité sociale dès le plus jeune âge.
- Les communautés : Les communautés locales ou fondées sur des intérêts particuliers fournissent des réseaux de soutien essentiels et servent de centres pour la résolution de problèmes locaux et l’action civique.
- Les organisations non gouvernementales (ONG) : Les ONG offrent aux citoyens des plateformes pour aborder des questions sociétales telles que la protection de l’environnement, les droits de l’homme et le bien-être public.
- Les entreprises : Contrairement au capitalisme traditionnel, les entreprises citoyenne sont censées trouver un équilibre entre la recherche du profit et la responsabilité sociale, en contribuant au développement de la communauté plutôt qu’en servant d’entités purement axées sur le profit.
- Institutions gouvernementales : Si les gouvernements continuent à jouer un rôle, ils se transforment en facilitateurs plutôt qu’en décideurs uniques, en soutenant les organismes sociales plutôt qu’en dictant des politiques descendantes.
Caractéristiques des organismes sociaux
Les organismes sociaux de ce modèle partagent plusieurs caractéristiques essentielles :
- Centrées sur l’être humain : Ces organismes donnent la priorité au bien-être humain plutôt qu’à des considérations purement économiques ou bureaucratiques.
- Collaboratives et autonomes : ce sont des entités autonomes qui permettent aux citoyens de s’organiser autour d’objectifs communs, ce qui réduit considérablement la dépendance à l’égard de l’intervention gouvernementale centralisée.
- Orientées vers un but précis : Chaque organisme fonctionne avec une mission sociale claire, qu’il s’agisse d’améliorer l’éducation, de protéger l’environnement ou de garantir l’équité économique.
- Dynamique et adaptable : Au fur et à mesure que les besoins sociaux évoluent, les organismes sociaux remodèlent continuellement leurs structures et leurs objectifs afin de relever de nouveaux défis.
En encourageant un réseau d’organismes sociaux interdépendants, la citoyenneté social dans la société capitaliste garantit que l’engagement civique est profondément ancré dans la vie de tous les jours. Les citoyens ne sont plus des bénéficiaires passifs des politiques gouvernementales, mais des participants actifs à l’élaboration d’une société qui reflète des valeurs communes.
La citoyenneté sociale et son engagement en faveur des valeurs civiques
La citoyenneté sociale dans la société capitaliste s’appuie sur les valeurs existantes de liberté, de démocratie, d’égalité et de justice. Cependant, contrairement aux systèmes actuels, où ces principes sont souvent réduits à la rhétorique, la présence massive de ces organismes sociaux garantit leur mise en œuvre pratique.
Au lieu de s’appuyer uniquement sur les pouvoirs publics, la démocratie et la justice sont défendues par une gouvernance décentralisée et communautaire, qui rend ces idéaux tangibles dans la vie quotidienne.
Le capitalisme appliqué à la citoyenneté sociale
Une idée fausse très répandue est que la citoyenneté sociale dans la société capitaliste est une forme de communisme. Toutefois, ce système est issu du modèle capitaliste actuel et reste fondamentalement capitaliste, les marchés, la concurrence et l’entreprise privée continuant d’exister. La différence majeure réside dans la manière dont le capital est structuré et géré.
Au lieu d’une propriété privée absolue, le capital fonctionne au sein d’un cadre organisationnel social, le rendant ainsi moins vulnérable à l’exploitation.
Dans ce système :
- Le capital est considéré comme un moyen de générer de la valeur sociale, et pas seulement de la richesse privée.
- Le pouvoir incontrôlé du capital est atténué par les organismes sociaux, qui veillent à ce que les activités économiques concordent avec le bien-être collectif.
- Le but ultime de l’activité économique est de produire de la valeur sociale, créant ainsi une version plus équilibrée et éthique du capitalisme.
Pourquoi Ce Modèle est Important
La citoyenneté sociale dans la société capitaliste représente une évolution du capitalisme et de la démocratie. En donnant la priorité à l’engagement civique par le biais d’organismes sociaux, elle offre un cadre qui réduit les risques d’exploitation économique, renforce la participation démocratique et aligne les intérêts personnels et collectifs.
Ce modèle favorise une société où :
- Le pouvoir est décentralisé, permettant aux citoyens d’influencer directement la prise de décision à travers leurs organismes sociaux.
- Le capitalisme sert le bien commun, en réduisant les inégalités économiques et en encourageant les pratiques commerciales éthiques.
- La liberté et la démocratie deviennent des réalités tangibles, profondément ancrées dans la vie quotidienne.Au lieu de rester des idéaux abstraits.
Avantages d’une participation étendue à des groupes sociaux
La participation à des organismes sociaux offre de nombreux avantages qui rendent la société plus inclusive, plus dynamique et plus résistante :
- Responsabiliser les individus avec des rôles multidimensionnels : Par exemple, un individu peut être bénévole dans un projet communautaire, chercheur dans une association professionnelle et leader dans une organisation internationale. Cette flexibilité permet aux individus d’optimiser leurs compétences et de contribuer de manière significative à la société.
- Encourager la collaboration interorganisationnelle et intersectorielle : La collaboration entre les organismes devient courante. Par exemple, les groupes environnementaux travaillent avec les entreprises pour créer des produits durables, et les communautés technologiques s’associent aux écoles pour partager leurs connaissances.
- Créer une société connectée à l’échelle mondiale : Les organismes sociaux dirigés par des citoyens ne sont pas limités par des frontières géographiques ou nationales, ce qui leur permet d’opérer à l’échelle mondiale. Cela facilite la coopération transfrontalière sur des questions telles que les droits de l’homme, la durabilité environnementale et les principes éthiques en matière de technologie.
- Renforcer l’autorégulation et l’adaptabilité de la société : Contrairement aux modèles traditionnels dirigés par les gouvernements, les organismes sociaux peuvent répondre aux besoins de la société plus rapidement, sans inefficacité bureaucratique. En cas de crise ou d’urgence, ces organismes peuvent mobiliser des ressources et fournir une assistance ciblée plus rapidement que les autorités centralisées. Cette structure de gouvernance décentralisée renforce la résilience sociale et garantit la stabilité à long terme.
- Favoriser une culture de la démocratie et renforcer l’engagement civique : Lorsque les organismes sociaux sont au cœur de la gouvernance, la participation civique s’accroît naturellement. Les citoyens renforcent ainsi les valeurs démocratiques, leur coopération et leur responsabilité sociale par leur pratique, et non plus seulement par les élections.
Conclusion
La citoyenneté sociale dans la société capitaliste n’est pas une pure utopie, c’est une évolution pratique de la société moderne. En faisant des organismes sociaux le fondement de la gouvernance, elle responsabilise les citoyens, humanise la société capitaliste et fait en sorte que la démocratie soit plus qu’un simple système d’élections périodiques. Ce modèle envisage un avenir où les individus ne sont plus seuls face à de vastes forces politiques et économiques, mais travaillent collectivement à la construction d’un monde plus libre, plus juste et plus durable.